Victimes d’après-guerre

Explosions, Fabienne Loodts @paysagesenbataille.be

Explosions, Fabienne Loodts @paysagesenbataille.be

En France, l’association Robin des bois a publié fin août 2012 son second Inventaire des déchets de guerre. Celui-ci concerne le déchets de guerre découverts de début 2008 à fin 2011 dans les 7 régions du nord et de l’est de la France par les guerres de 1870, 1914-1918 et 1939-1945… Cet inventaire réalisé sur base des publications dans la presse régionale, des communiqués des préfectures et de publications spécialisées n’est pas exhaustif, mais relate 566 découvertes (dont chacune concerne parfois plusieurs dizaines de munitions), ainsi que les tristes effets collatéraux de certaines d’entre elles : « entre janvier 2008 et décembre 2011, dans les 7 régions concernées par ce nouvel inventaire, 3 morts et une trentaine de blessés, intoxiqués ou examinés à l’hôpital sont à déplorer ».

En Belgique, aucune association ne réalise ce type de suivi. Toutefois, l’historien John Desreumaux, a publié récemment un livre qui fait le décompte des victimes d’explosions sur le front depuis 1918 jusqu’en 2008 : 358 morts et 535 personnes blessées, pour un total de 893 victimes. Dans « Land van schroot en knoken » (traduisez « Pays de mitraille et d’os », Davidsfonds uitgeverij, 2011), l’auteur donne le détail des circonstances de ces accidents :

  • 189 cas, c’est à dire 31,5% des explosions, n’ont pas de raison donnée
  • 36 explosions se sont produites lors de jeux d’enfants
  • 76 explosions lors du nettoyage des débris sur le front
  • 75 explosions lors de travaux manuels
  • 13 explosions lors du labour et d’autres travaux dans les champ
  • 128 explosions sont dues à des prises de risques par des collectionneurs
  • 8 explosions ont eu lieu en coupant du bois de chauffage
  • 33 grenades à main ont explosé simplement sous l’effet de la chaleur des mains
  • 19 explosions sont dues à l’effet du feu sur la poudre lors des démantèlements d’abris et de bunkers
  • 9 lors d’un feu dans la campagne
  • 13 cas lors d’utilisation de bois de chauffage ou de charbon provenant du front
  • 143 enfants ont été impliqués dans 92 explosions, et 19 en sont morts. Le dernier accident mortel impliquant un enfant eut lieu le 13 avril 1951.

En savoir plus

 

 

Tags: ,

Trackbacks/Pingbacks

  1. Le lourd héritage des munitions de guerre | Paysages en Bataille - 12/11/2012

    […] Les victimes d’après-guerre […]

  2. Le drame de Ghlin: 16 petites victimes de 14-18 | Paysages en Bataille - 06/06/2015

    […] munitions de la Grande Guerre ont continué à faire après l’Armistice (voir l’article « Victimes d’après-guerre ») : à Ghlin, une pierre tombale ornée d’une statue représentant un enfant gisant […]

Laisser un commentaire


sept − 3 =