Un paysage intensément bouleversé, sur 700 km de front

Copyright Fabienne Loodts @ Paysages en Bataille

Le conflit s’est concentré autour d’ une ligne de front continue de 700 kilomètres, fortifiée,qu’aucune des armées en présence ne parviendra à briser avant 1918. Ce « statu quo », qui se maintint durant 4 longues années, donna lieu à une concentration d’hommes et d’armements inédite dans l’Histoire. Les conséquences sur les paysages et l’environnement de cette occupation sont nombreuses.

Les historiens estiment que la ligne de front et les aménagements des belligérants s’étendaient sur une moyenne de 12 km de large, et qu’environ deux cent soixante-cinq millions de mètres cubes de terre, sable et pierres ont été déplacés et/ou terrassées lors du creusement des tranchées, rien qu’ en France. Sur base de ces chiffres, l’historien de l’environnement Martin R. Mulford a conclu qu’environ 3760 miles carrés (soit plus de 6050 km2= 1/5 du territoire de la Belgique) ont été touchés directement, rien que par le creusement des tranchées et leurs installations annexes sur la ligne du front occidental. Onze départements français et le Sud-Ouest de la Belgique ont été littéralement ravagés par les combats. Les séquelles de ces bouleversements ont été multiples et de grande ampleur: le nombre des pertes humaines de la Première Guerre mondiale militaires et civiles est estimé à plus de 40 millions, dont 20 millions de morts et 21 millions de blessés. Pour l’environnement, le tribut de cette guerre est aussi lourd à payer: sur le front, les sols ont été littéralement retournés, mis à nus de toute végétation, pollués par de nombreux composés toxiques, et nombreuses espèces animales et végétales ont été atteintes de façon violente lors des combats.

 

En savoir plus:

Le site de l’historien de l’environnement Martin R. Mulford

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