Un détour en cuisine

Dans une précédente vie de blogueuse-chroniqueuse, je me suis intéressée à la marmite norvégienne, un ustensile de cuisson économique et écologique qui gagne en ce moment en popularité. Le principe est simple : c’est un caisson isolé dans lequel on place une casserole préalablement chauffée. La cuisson des aliments se poursuit ainsi sans dépense énergétique, juste grâce à la chaleur accumulée par la casserole et conservée dans cet environnement confiné. Quelle ne fut pas ma surprise, ce vendredi, de découvrir une mention de la marmite norvégienne dans le petit livre « Repas sans viande, cuisson sans feu » édité aux Editions Larousse en 1917.
MarmiteDurant la Première Guerre mondiale, la marmite norvégienne fait donc partie des techniques de cuisson économes proposées aux ménagères pour faire face aux restrictions qui touchent les combustibles. L’ustensile est connu en France depuis les années 1870, mais le principe est sans doute bien plus ancien. Ce serait un norvégien (dont je cherche en ce moment le nom) qui se serait inspiré des coutumes de cuisson sans feu sous la paille pratiquées dans les pays scandinaves et d’Europe centrale, pour déposer un brevet et commercialiser les premières « cuisines automatiques norvégiennes » à la fin du xixe siècle, donnant naissance au terme « marmite norvégienne » qui a persisté jusqu’à ce jour. Entre 1914 et 1918, cet « auto-cuiseur » est promu dans des publicités et cartes postales françaises, comme sur celle-ci qui parle de « la marmite norvégienne de l’amour.
Exquise auxiliaire d’amour, la Norvégienne cuit toujours. Le pot-au-feu ne pourra se sauver…
Bien tendrement nous pourrons nous aimer. » On suggère aux ménagères de se servir de leurs boîtes à chapeau pour en faire des marmites norvégiennes. On la retrouve aussi en Allemagne, au centre des recommandations du «service national des femmes» qui conseille aux ménages allemands d’utilise la « Kochkiste », c’est-à-dire la « caisse à cuire »,  pour aider le pays à gagner la guerre. En Angleterre aussi, l’usage de la « Haybox » ou « caisse à foin » est recommandé dans les « Win-the-war cookery books », littéralement des «livres de cuisine pour gagner la guerre » !

 

Capture d’écran 2014-02-09 à 11.22.33Si vous souhaitez tester le principe de la marmite norvégienne, il n’est pas nécessaire d’être bricoleur ou d’acheter quoi que ce soit : une simple caisse de carton et de la paille ou des couvertures feront l’affaire. Une autre blogueuse vous explique tout cela beaucoup mieux que moi ici ! Après m’être éloignée quelques instants de mes paysages de guerre, j’y retourne. Il faut bien se nourrir de temps en temps, et quand l’alimentation offre des plaisirs gustatifs autant qu’intellectuels, on ne peut s’empêcher d’avoir envie de partager ! J’espère que vous aurez apprécié ce petit détour en cuisine ! Si vous retrouvez dans votre grenier des documents concernant l’usage de la marmite norvégienne en Belgique durant la Grande Guerre, je vous invite à les partager et à m’aider ainsi à enrichir cet article !

Cela intéressera le petit groupe de chercheuses dont je fais partie, une jolie bande de gourmandes qui font de leur assiette une machine à remonter le temps!

 

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