Pourquoi parcourir à pied les paysages de la Grande Guerre?

Bunker et vaches à Brandeville, photographie de Frédéric Pauwels, Collectif Huma

Bunker et vaches à Brandeville, photographie de Frédéric Pauwels, Collectif Huma

Les commémorations de la Grande Guerre ont fait naître de très nombreuses initiatives, dont la plupart sont menées à l’échelle locale. Or, il me tient à coeur, ici, de proposer un projet qui valorise chaque partie du territoire de l’ancienne ligne de front occidentale du conflit, mais qui a pour objectif, en outre, de créer du lien entre ces fragments de mémoire, et entre les personnes qui les portent.Cette volonté est issue de l’expérience que j’ai vécue sur le terrain au fil des 5 dernières années :  lorsque j’expliquais aux personnes rencontrées dans des zones où le front s’est fixé durant de longues années que j’avais entamé mes recherches en explorant les sites du Sud de la Belgique, certains n’ont pas hésité à me dire que cette partie du pays n’avait pas vraiment souffert de la guerre. J’ai vu plusieurs têtes changer lorsque je leur expliquais en retour par exemple, que la ville de Dinant et ses villages avoisinants avaient à eux-seuls payé un lourd tribut humain à la Première Guerre mondiale avec, entre le 22 et le 24 août, 674 civils exécutés, et 950 maisons incendiées…

En incitant le public à découvrir d’autres paysages et donc d’autres histoires que celles de sa région, on l’aide aussi à aller à la rencontre des autres. La mémoire est plurielle, et gagne de la richesse dans sa diversité. Se rendre sur le terrain et découvrir la façon dont les citoyens composent au quotidien avec l’héritage de la Grande Guerre permet aussi de sortir de la mémoire passive. Notre propos n’est pas de raviver des souvenirs dans la crainte que des événements aussi terribles que la Grande Guerre se reproduisent. Il s’agit de montrer que chacun peut être acteur de la société, et s’approprier l’Histoire pour ne pas la subir, mais trouver en elle des opportunités d’être aussi un créateur du monde de demain.

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2 Responses to “Pourquoi parcourir à pied les paysages de la Grande Guerre?”

  1. lenhard 21/08/2015 at 9 h 47 min #

    Bonjour

    Le bunker de Brandeville est un ouvrage de la deuxième guerre mondiale, il n’a rien à voir avec la première.

    Cordialement

    Pierre

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