Les traces des Belges au Château de Gaillon

25_et_26_avril_2015_200x0Ce 25 avril 2015, la petite ville de Gaillon, en Haute Normandie, accueille un colloque sur le rôle qu’elle a joué, avec sa région, aux côtés de la Belgique. La manifestation prend place au coeur même du château de Gaillon, où mon arrière-grand-oncle René Glatigny fut formé pendant la Grande Guerre au Centre d’Instruction des Sous-Lieutenants Auxiliaires (CISLA) de l’armée belge.

Mon papa, le Dr Patrick Loodts y prendra part pour retracer, au travers du destin de René Glatigny, le fonctionnement de cet établissement et la vie des jeunes militaires belges à Gaillon. Je ne pourrai malheureusement pas me joindre à lui et aux membres de la famille qui l’accompagnent pour découvrir ce lieu où mon aïeul a passé quelques semaines finalement très peu de temps avant de trouver la mort au combat. J’attends avec impatience qu’ils me rapportent quelques photos des traces de la présence belge encore visibles sur place : France Poulain, Architecte des Bâtiments de France en chef et conservateur du château dévoilera en effet une série de clichés inédits de graffiti, d’éléments de signalétique et de décorations issus de cette période, et qui, de par leur nature, « sont appelés à disparaître dans les années qui viennent », peut-on lire dans le programme du colloque.

Le caractère éphémère de ces traces est un des sujets auxquels je m’intéresse depuis plusieurs années, au travers de mon travail de recherche sur les paysage de l’ancienne ligne de front. Au cours de mes multiples périples sur les 700 kilomètres du front occidental de la Grande Guerre, j’ai à plusieurs reprises été confrontée à l’oubli qui va de pair avec l’inéluctable effacement des traces. C’est d’autant plus vrai lorsqu’on s’éloigne de la ligne de front. Pourtant, si l’Histoire de la Grande Guerre s’est jouée dans les tranchées, elle concerne aussi des faits qui se sont déroulés à l’arrière de celle-ci, et parfois aussi dans des zones très éloignées du front. Chaque découverte réalisée à ce sujet (comme celle du cimetière oublié des réfugiés civils belges à Neuville-sous-Montreuil, relatée ici, ici, et ici ), permet d’élargir nos perspectives, et d’éviter de tomber dans le piège d’une Histoire mythifiée…

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