La pâquerette, fleur belge du souvenir de 14-18

Pâquerette au pied d'une tombe du cimetière militaire belge de Ramskapelle, juillet 2014.

Pâquerette au pied d’une tombe du cimetière militaire belge de Ramskapelle, juillet 2014.

Au cours de l’été 2014, en visitant le cimetière militaire belge de Ramskapelle, j’avais été intriguée par les petites fleurs blanches qui ornaient le pied des pierres tombales. J’avais déjà entendu dire que comme les pays du Commonwealth et la France avaient érigé respectivement le coquelicot et le bleuet en fleurs du souvenir de la Grande Guerre, la Belgique possédait elle aussi sa fleur de mémoire : la pâquerette… Les sources historiques étayant ce fait se sont néanmoins avérées difficiles à trouver. Ma petite enquête m’a permis de trouver des éléments de réponse auprès de Walter Lelièvre, Archiviste de la Ville Nieuport. Voici ce qu’il explique : « Le coquelicot, la pâquerette et le bleuet ont en effet une histoire commune. C’est durant la Grande Guerre déjà (après la bataille de la Marne – 6-9 Septembre 1914), que le coquelicot, le bleuet et la pâquerette deviennent des fleurs commémoratives. Alors que les Britanniques ont adopté le coquelicot comme fleur de mémoire, les Français ont adopté le bleuet comme symbole de souvenir et de solidarité, et les Belges ont choisi la pâquerette en raison de sa couleur blanche, évocatrice de la paix.

Alors que le « poppy » a été adopté officiellement en 1918, et le bleuet en 1920, ce n’est que dans les années 1930 que la pâquerette a été officiellement adoptée par les Belges : sous l’égide de la Princesse Jean de Mérode, née Princesse de la Beauffremont Courteny, la « Fédération Interalliée des anciens combattants (FIDAC) » crée en effet alors le fonds de « La Pâquerette de l’Ancien Combattant de l’Yser ». Ce Fonds a vendu des pâquerettes pour venir en aide aux anciens combattants.

Bleuet, coquelicôt et pâquerette, Archives de la Ville de Nieuport.

Bleuet, coquelicôt et pâquerette, Archives de la Ville de Nieuport.

La vente était réalisée par des comités locaux et se déroulait lors de journées de commémorations nationales telles que le 11 novembre ou le 21 Juillet, ainsi qu’en témoigne cet extrait du Courrier de l’ Armée de 1937 : Pour commémorer le 11 novembre, chaque pays vend sa fleur nationale au Bénéfice des Victimes de guerre. En Angleterre, c’est le coquelicot, en Belgique la pâquerette, en Italie le lys, en Yougoslavie et en Roumanie la pivoine et la violette, au Portugal l’oeillet et en France, le bleuet.  »

 

Pâquerette au pied d'une tombe du cimetière militaire belge de Ramskapelle, juillet 2014.

Pâquerette au pied d’une tombe du cimetière militaire belge de Ramskapelle, juillet 2014.

La vente des pâquerettes s’est achevée, après la Seconde Guerre mondiale, dans les années 1950. Selon Walter Lelièvre, c’est parce que le coquelicot s’est répandu grâce au parrainage de Ypres par le Commonwealth, et qu’il a acquis progressivement une portée universelle, que la référence à la pâquerette été oubliée. Seuls les Français font encore référence au bleuet comme fleur de mémoire. Il faut croire néanmoins que les autorités belges ont souhaité renouer avec la tradition de la pâquerette puisque c’est cette fleur qui a été déposée l’an dernier auprès des tombes du cimetière militaire belge de Ramskapelle. Si vous avez d’autres informations sur ce thème, merci de les partager avec nous !

 

Sources:Bestuursmemoriaal West- Vlaanderen 1939, Provinciaal Archief West-Vlaanderen, A. Collignon, bibliothecaris SOMA-CEGES, de Legerbode 1937.

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