Dernières nouvelles du front, épisode 35: au sommet du Hartmannswillerkopff

Dans le massif des Vosges, l’éperon rocheux pyramidal du Hartmannswillerkopff domine la plaine d’Alsace du haut de ses 956 mètres. La plupart des visiteurs y pénètrent via le col du Silberloch où un imposant Monument national a été construit en souvenir des combats de la Grande Guerre. Au-dessus d’une crypte monumentale qui abrite plusieurs milliers de soldats français inconnus, un immense parvis accueille un autel doré dédié à la patrie. Le contraste entre l’éclat de ce décor et la tristesse du cimetière qu’il surplombe dégage une certaine étrangeté aujourd’hui. Il témoigne de la façon dont la France a conçu, dans les années 1920, la mémoire de ce champs de bataille. Mais à l’aube du Centenaire de la Première Guerre mondiale, la montagne du Vieil Armand s’est muée en haut-lieu de l’amitié franco-allemande. Et pour se recueillir sur les traces des 25 000 soldats français et allemands qui y sont morts, les visiteurs préfèrent désormais grimper jusqu’au sommet de cette mangeuse d’hommes… Parmi les multiples voies qui permettent d’y accéder, celle de la Suisse lippique est sans doute la plus est la plus spectaculaire et la plus physique. Jean-Paul Welterlen, le maire d’Uffholtz, nous accompagne dans l’ascension du flanc sud-est du massif par cette tranchée aux parois bétonnées.

Lorsqu’on arrive au sommet du Hartmannswillerkopff, on ne peut qu’être sans voix. Non seulement parce qu’on y parvient les muscles chauds, après avoir parcouru cette montagne perclue de 90 kilomètres de tranchées et de 6 000 abris mais aussi parce que la vue sur la plaine d’Alsace termine de vous couper le souffle. On comprend alors qu’on est au coeur du paradoxe qui fait que depuis toujours, les plus beaux points-de vue de cette terre ont été les lieux les plus prisés par les hommes pour y faire la guerre. Les zones frontalières, en particulier, sont souvent constituées de limites naturelles autour desquelles les affrontements se sont succédés au fil des siècles… Sur la frontière suisse, la petite rivière de la Largue marque quant à elle le kilomètre zéro du front occidental de la Grande Guerre. C’est là qu’a commencé la guerre, et là qu’elle se terminait géographiquement. Là aussi que se terminera notre voyage au coeur des paysages de mémoire…

Pour écouter cet épisode, télécharger le podcast.

Consulter la carte des « Dernières nouvelles du front ».

Pour compléter cet épisode

-Le site des Amis du Hartmannswillerkopff

-Le site de l’Abri-mémoire d’Uffholtz

-Le programme des commémorations du Centenaire de la Grande Guerre en Alsace 

Tourisme de mémoire 14-18 sur le front des Vosges 

-Un récit de randonnée au travers de la Suisse lippique 

 

Pas de commentaire

Laisser un commentaire


2 × = quatre